JAPprends

Apprendre, Langue, Motion design, Recherche, UI/UX

Description:

Prototype d’une application sur tablette pour apprendre le japonais. L’utilisateur apprendre la langue japonaise de manière semi-autodidacte à travers différents exercices et différentes lectures.

 

Type de projet:

Projet étudiant réalisé en 2013 dans le cadre du cours Interactivité II donné par Ron Filion-Mallette, UQAM.

Une version améliorée du projet a été réalisé en 2015 dans le cadre du cours Stage II supervisé par Ron Filion-Mallette, UQAM.

 

Outils utilisés:

Adobe After Effects Illustrator et Photoshop

Titre:

Apprendre une langue comme le japonais de façon ludique et simple

Abstract:

Ce projet a pour but de démonter une façon d’apprendre une langue asiatique qui semble complexe comme le japonais. La popularité de cette langue augmente d’année en année, cela est dû à la culture populaire qui est de plus en plus répandue en Amérique. À la première vue, la langue japonaise peut sembler assez complexe à apprendre: des systèmes d’écriture différents des nôtres, des constructions de phrases inversées, etc. Cependant, il ne faut pas que le néophyte se décourage par rapport à l’apprentissage du japonais. C’est pour cela que je me suis concentré à développer un prototype pour une application sur tablette (iPad) afin de faciliter l’étude du japonais. Bien qu’il existe des centaines et des centaines d’applications mobiles, ce qui est proposé ne répond pas aux besoins d’une personne qui débute sa formation. Mon projet, JAPprends (titre non final), propose un apprentissage semi-guidé qui aidera l’utilisateur à comprendre les bases du japonais avant de se lancer dans une pratique libre. Pour stimuler l’apprentissage de l’utilisateur, l’application proposera un système de récompenses pour différents types d’usager.

JAPprends : Modèle Systémique

Mots-clés:

Apprentissage, Langue, Culture et histoire, Japonais, Ludique

Introduction:

Pourquoi apprendre une (autre) langue si complexe? Et surtout, pourquoi apprendre une langue asiatique?

Contexte:

Avec l’émergence des pays asiatiques, dont la Chine (puissance économique) et le Japon (recherches et développements technologiques), il est de plus en plus fréquent de voir des gens apprendre des langues asiatiques. Selon Japan Fondation1, entre 2006 et 2009, il y a eu une augmentation de 22,5 % d’étudiants qui désiraient apprendre le japonais comme langue seconde (ou tierce). Entre 2009 et 2012, l’augmentation fut moins importante, soit de 9,1 %. La culture du Japon fascine l’Occident. L’émergence de la culture populaire du Japon, c’est-à-dire les mangas et les séries animées, a contribué au désir d’apprendre la langue japonaise afin de pouvoir écouter ou lire ces séries dans leur langue d’origine. En 2009, il s’est vendu plus de 5 milliards de mangas, soit un revenu de plus de 270 milliards de Yens.

De plus en plus d’institutions offrent des cours de japonais ou de langues asiatiques. Apprendre une langue contribue au développement de soi et enrichit la culture personnelle. Un peuple qui a une culture riche et diversifiée peut rayonner beaucoup plus facilement à l’international. En Europe, bien des gens ont tendance à apprendre plus d’une langue. Selon la Commission européenne2, en 2010, 28 % des adultes ont appris au moins deux autres langues. Ce n’est pas le cas aux États-Unis, où l’anglais est pour plusieurs la seule langue apprise et utilisée.

Dans un tout autre ordre d’idée, l’émergence des technologies en général et plus particulièrement les applications mobiles a favorisé l’apprentissage autodidacte. Sur le web, on peut trouver tout plein de conseils, d’astuces, de tutoriels ou d’outils qui peuvent faciliter les choses du quotidien ou nous aider à apprendre. De plus, les écoles tentent d’inclure de plus en plus les technologies pour favoriser l’apprentissage d’une langue seconde3. Les téléphones intelligents et les tablettes offrent la possibilité d’avoir en tout temps des outils afin de faciliter l’apprentissage ou la communication. Avec beaucoup de volonté et de discipline, quelqu’un serait en mesure d’apprendre une langue par lui-même.

Problématique:
Le grand paradoxe est que les nouvelles technologies nous ont éveillés sur le monde en même temps qu’ils ont engendré un problème de communication. Bien que de plus en plus de textes soient traduits (sauf pour la Chine), il n’en reste pas moins que c’est une problématique sociale. En ce moment, plusieurs compagnies cherchent à remédier à cet obstacle de communiquer. Dans un futur rapproché (10 à 20 ans), est-ce que nous n’aurons qu’une langue universelle, soit l’anglais ou le mandarin afin que tous puissent communiquer? Ou bien aurons-nous des appareils ou des implants qui traduiraient en simultané nos conversations? Ces deux solutions, peuvent-elles appauvrir notre culture?

Pour l’instant, la solution à court terme est d’apprendre d’autres langues. Il y a plusieurs façons d’apprendre une langue, en suivant des cours dans des institutions ou avec un professeur privé. L’autre possibilité est d’être autodidacte et d’apprendre à l’aide de livres ou d’applications. Suivre des cours est peut-être la meilleure méthode à ce jour puisqu’il y a de l’interaction avec le professeur et les étudiants. Cependant, la plupart des cours (ici, au Québec) n’intègrent pas les technologies qui favorisent l’apprentissage. L’approche autodidacte n’est pas évidente pour tous, il faut être motivé ou avoir une glorification instantanée.

Sur le marché, il existe tout plein d’outils pour apprendre une langue, mais ils ne sont pas tous parfaits et certains se focalisent sur quelques éléments. La plupart de ces applications ne se soucient pas du niveau de connaissances de la langue que l’utilisateur a avant de commencer à l’utiliser. Souvent, on lance l’utilisateur dans des leçons sans même lui expliquer la base.

Comment pourrait-on remédier aux problèmes de communications tout en apprenant une autre langue de façon ludique, encourageante et simple?

Objectifs:

Établir un système qui facilite l’apprentissage de manière autodidacte tout en intégrant un système de récompense qui encourage l’utilisateur à poursuivre sa démarche. Lesdites récompenses seront adaptées selon le type de profil de l’utilisateur (le professionnel, l’amateur de culture éclairée, l’amateur de culture populaire, le voyageur et le curieux/étudiant). Ce projet pourrait être un complément à un cours de langue.

Intégrer des technologies (système de reconnaissance d’écriture) et intégrer des outils favorisant l’apprentissage. En autre, un système d’échanges, du genre réseau social afin de pratiquer la conversation, l’écriture et la lecture4. Il faut que l’étude d’une langue soit amusante, simple et qu’il y ait une « gamification»5 ou ludification de l’apprentissage.

Analyser et corriger (au besoin) l’utilisateur pour qu’il puisse se perfectionner et mieux se débrouiller avec la langue japonaise.

Stimuler l’utilisateur afin qu’il revienne régulièrement pour refaire les différentes leçons.

Donner accès à un large éventail d’outils comme:

  • un système d’apprentissage des écritures
  • des dictionnaires
  • des conjugueurs
  • des exercices
  • aider à pratiquer (la lecture, l’écriture, l’écoute et la prononciation)
  • des jeux-questionnaires
  • l’histoire et la culture du Japon.

Optimiser l’application afin qu’elle puisse s’adapter et répondre aux besoins des personnes qui ont différents niveaux de connaissances de la langue japonaise.

Hiérarchiser les éléments appris pour que l’utilisateur puisse retrouver facilement ce qu’il a déjà appris.

Méthodologies:

Puisque mon projet comporte énormément d’éléments, j’ai fait le choix de me concentrer à développer certaines parties plutôt que d’autres. Cela ne signifie pas que les parties non travaillées ne sont pas importantes. C’est la limite de temps qui m’oblige à faire une sélection.

En plus d’avoir réalisé des recherches dans la littérature scientifique, je vais essayer d’autres produits qui existent déjà afin de voir ce qui fonctionne ou non. Pour ce faire, je vais me donner une limite de 30 $ pour tester des applications sur tablette (iPad). Je ne veux pas me restreindre à essayer seulement des applications gratuites. Je veux voir s’il y a une réelle différence entre une application gratuite et une payante. Il ne faut pas seulement tester des applications pour l’apprentissage du japonais, il faut aussi voir ce qui se fait dans les applications d’éducation. Le magazine Protégez Vous, Guide Annuel 2014 des jeux et des jouets va me permettre de trouver quelques applications spécialisées qui sont éducatives et ludiques.

Après chaque test d’application, je vais noter ce que j’ai aimé et ce que j’ai moins aimé dans le produit proposé (avantages et désavantages afin de mieux optimiser l’application). Je vais aussi faire essayer lesdites applications à quelqu’un qui n’a aucune connaissance dans la langue japonaise afin de comparer si nos impressions sont semblables et de voir ce qui est mieux pour l’apprentissage. Cela va m’aider à avoir une seconde vision des applications.

Une douzaine d’applications, un site web et deux livres seront mis à l’essai (voir le document sur la présentation de la partie B pour voir les commentaires recueillis). Il existe des centaines, si ce n’est pas des milliers d’applications. Alors, j’ai choisi certaines applications qui sont recommandées par l’App Store d’Apple, d’autres qui sont suggérées par le magazine Protégez Vous, quelques-unes qui m’ont été recommandées par des utilisateurs que j’ai consultés sur les réseaux sociaux, en plus de celle que je connaissais déjà.

Après avoir déterminé ce qui fonctionne correctement ou non parmi les applications testées, je vais pouvoir élaborer l’application dite « parfaite » qui devrait inclure des outils de motivations, de « gamifications » de l’apprentissage, des outils pour perfectionner l’écriture, la prononciation, la lecture et la compréhension de la langue japonaise (et de ses systèmes d’écriture, dont les hiraganas, les katakanas et les kanjis).

Pour réaliser mon projet, je devrai faire un « moodboard » afin de déterminer la direction artistique de l’application. Le style visuel devra être simple et épuré pour qu’il y ait moins de parasites à l’apprentissage. Il y aura un choix limité de couleur. L’utilisateur aura la possibilité d’ajuster certains paramètres dont la typographie (un choix entre une fonte avec sérif et une sans, et deux choix de graisse), la grosseur des caractères et l’interlignage des textes.

Par la suite,  je devrai réaliser différentes maquettes des sections de l’application avec les logiciels Adobe Photoshop et/ou Adobe Illustrator. Pour montrer certaines interactions entre l’utilisateur et l’application, je ferai de petites animations avec le logiciel Adobe After Effects (si le temps le permet).

Pour rendre le projet plus concret, je devrai développer des exercices (quelques exemples) pour démontrer ce que l’application pourrait offrir à l’utilisateur. Un seul exercice pour mettre en pratique chaque type d’apprentissage.

Résultats, analyse, discussion et conclusion:

Mon intention initiale était de me concentrer sur quelques parties de l’application et de les développer en profondeur. Cependant, en le faisant, j’ai réalisé que je pourrais faire plus de maquettes de l’application et ainsi montrer plus d’éléments. Toutefois, faire plus de planches de l’application a restreint mon temps pour pousser les interactions que je voulais démontrer . J’aurais aimé intégrer quelques animations pour démontrer comment les caractères japonais doivent être dessinés. Il est évident que si l’application devait être produite, ces animations y seraient incluses. J’ai été en mesure de démontrer la quasi-totalité de l’application dans la preuve de concept. Il ne me manquait que quelques éléments, dont la section portant sur un guide touristique de base, la section qui explique les kanjis et la section dite réseau social. Pourquoi ces parties n’ont-elles pas été travaillées? C’est simplement par manque de temps. Pour ce qui est des kanjis, je n’ai pas voulu m’attaquer à ce segment parce que je ne suis tout simplement pas rendu à cette étape dans mon apprentissage du japonais.

Ayant développé mon application pour une tablette (iPad), il aurait été intéressant de voir une adaptation de l’application pour les téléphones intelligents (iPhone et Android). Est-ce qu’une version web est toujours d’actualité? Les plateformes mobiles sont de plus en plus utilisées pour accéder à du contenu de l’internet6. De plus, un site web n’aurait pas l’entièreté des fonctionnalités d’un écran tactile.

Dès le départ, j’avais déjà une bonne idée de ce que je voulais faire. Je pense avoir bien suivi le  plan que je proposais. Bien sûr, j’ai bonifié quelques éléments, mais j’ai réussi à conserver toutes mes idées de base. Ma recherche pour le projet (mon banc d’essai d’outils existant) m’a beaucoup aidé à identifier ce qui fonctionne ou non. Cela m’a permis de confirmer certaines pistes de solutions que j’avais envisagées.

D’autre part, l’application a été pensée en fonction de cinq publics cibles. Pour l’instant, les récompenses et les types d’exercices ont été développés seulement pour deux types d’utilisateurs (amateur de culture éclairé et amateur de culture populaire). Il faudrait donc que je réfléchisse davantage pour proposer des récompenses qui intéresseraient les autres profils d’usagers.

À la toute fin,  j’ai eu une idée. L’application pourrait intégrer un jeu à la «Point and click» où l’utilisateur serait plongé dans des enquêtes policières, des mystères. Il devrait trouver des indices et en même temps, il pourrait apprendre et pratiquer des aspects comme la lecture et l’écoute. Mais, comme cela était une inspiration de dernière minute, je ne l’ai pas développé.

La quantité phénoménale d’applications traitant de l’apprentissage de la langue japonaise a facilité mes recherches, cependant il m’a été difficile de repérer les bonnes des moins bonnes. D’autant plus que les mots-clés que j’ai utilisés pour ma recherche dans l’App Store, soit Japon et japonais, ont fait en sorte que je suis peut-être passé à côté d’applications qui auraient été fort pertinentes. Également le fait que l’App Store est conçu par région du globe, je n’ai pas accès aux applications qui seraient spécifiques à l’App Store japonais. Aussi le fait que je me suis imposé une limite de budget pour réaliser mon projet.

Du côté de la littérature scientifique,  il existe beaucoup d’articles qui traitent soit d’éducation, soit de conception d’applications. J’ai quand même eu de nombreuses difficultés à cerner les textes qui traitent simultanément de l’apprentissage par les technologies et de l’apprentissage de la langue japonaise. Il n’y a pas tant de projets de recherche qui présentent une solution magique d’apprentissage du japonais ou qui allient les deux sujets. La littérature que j’ai trouvée date de la première portion des années 2000 et n’aborde donc pas l’utilisation des tablettes et des téléphones intelligents. J’ai été contraint de choisir des articles plus récents.

Il est difficile d’évaluer l’impact de mon projet puisqu’il est encore au stade de maquette statique. Cependant, je crois bien que mon approche semi-guidée soit une meilleure façon pour qu’un nouvel utilisateur puisse découvrir et apprendre le japonais. Comparativement à ce qui existe déjà sur le marché,  il y a peu d’applications qui sont susceptibles d’établir des bases solides pour qu’un néophyte ait le goût de poursuivre son apprentissage sans se décourager dès les premières leçons.

 


 

Références bibliographiques:

Éducation:

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Revues d’informations:

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